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Tribune Les Echos d’Ahmed Mahcer : l’ERP du futur est-il…humain ?

Ces derniers temps, des voix s’élèvent qui remettent parfois très directement en cause le modèle de l’ERP. Avec les nouvelles technologies, il se pourrait bien que l’ERP ait justement trouvé un nouveau souffle. Car, pour mieux répondre aux attentes des entreprises et des collaborateurs, l’ERP doit être intelligent et capable de s’intégrer au plus près des besoins des utilisateurs qui sont eux… humains !

L’acronyme ERP (Enterprise Resource Planning) n’a pas toujours eu bonne presse. Souvent synonyme d’implémentations longues, douloureuses et coûteuses, voire même de lourdeurs administratives, il est pourtant le moteur/coeur du système d’information d’une entreprise. Alors à défaut de pouvoir l’écarter définitivement, ne serait-il pas plus productif de le réinventer ?

Ici et là, des voix s’élèvent qui remettent parfois très directement en cause son modèle, trouvant même dans le seul outil CRM un remplaçant… Plus sérieusement, avec le Cloud et les technologies telles que l’Intelligence Artificielle ou les bots, il se pourrait bien que l’ERP trouve (ait trouvé ?) justement un nouveau souffle. Car, pour mieux répondre aux attentes d’entreprises toujours plus agiles et de collaborateurs toujours plus digitalisés, quoi de mieux qu’un ERP intelligent capable de s’intégrer au plus près des besoins des utilisateurs qui sont eux… humains ?

ERP du futur : des innovations technologiques pour fluidifier les processus de gestion du SI

Les nouvelles technologies sont un véritable tremplin pour faire évoluer les solutions ERP, dans lesquelles les grands éditeurs n’hésitent pas à investir massivement. Parmi elles, l’Intelligence Artificielle (IA). Bien plus qu’une simple mode et loin du simple concept sans prise avec la réalité, l’IA va permettre un meilleur pilotage et une centralisation optimisée des données, afin de consolider et développer toutes les capacités de l’ERP.

La reconnaissance faciale est aussi une technologie d’avenir qui pourrait faciliter l’utilisation de nombre de logiciels. Apple vient justement de s’engager dans cette voie en dévoilant son nouvel iPhone X dont l’innovation majeure est le déverrouillage du téléphone via la reconnaissance faciale.

Dans un autre registre, et grâce au Cloud et à un récepteur connecté, les éleveurs de bovins peuvent par exemple suivre de près l’évolution du cercle de fertilité de leurs génisses, afin d’augmenter les chances d’inséminations et donc d’optimiser la production de bétail. Le tout étant connecté à l’ERP afin de centraliser les données et d’obtenir une vision globale des données collectées sur les animaux.

En Allemagne, la fameuse Allianz Arena de Munich a mis en place une maintenance prédictive reliée à son système ERP afin de détecter de potentielles défaillances qui pourraient mettre en danger les spectateurs. Via des capteurs dispersés dans le stade, les données collectées sont centralisées dans l’ERP donnant ainsi aux équipes sur place une visibilité globale et en temps réel sur l’état du stade.

Dans tous les cas, la donnée, sa qualité et son utilisation sont clés pour en faire une véritable valeur ajoutée et améliorer les processus de son SI. Pourtant, la data et les technologies qui lui sont liées ne sont pas encore accessibles à tous. TPE et PME peuvent craindre d’être distancées, n’ayant ni le budget ni le temps pour déployer des solutions de gestion efficaces et fluidifier leurs processus métiers.

À noter que certaines d’entre elles, de plus petite taille, davantage en prise directe avec leurs clients finaux, peuvent à juste titre considérer qu’elles n’ont pour le moment pas besoin d’IA pour se développer. Mais qu’en est-il vraiment ? L’ERP ne peut-il véritablement pas répondre à ces besoins et à ces contraintes de rythmes et de budget ?

Stop aux idées reçues : l’ERP a encore de beaux jours devant lui !

Quels que soient leur taille, leur secteur ou leurs problématiques métiers, les entreprises d’aujourd’hui sont avant tout à la recherche de facilitateurs de workflow. Entendez : toujours plus d’agilité, d’évolutivité, d’ergonomie, voire même de social et de collaboratif. Car l’ERP du futur devra pouvoir s’adapter aux nouveaux modes de travail des collaborateurs, eux-mêmes en quête d’agilité dans leurs processus internes.

Fin septembre se tenait un salon spécialisé sur les solutions de gestion des processus d’entreprises, au cours duquel ces nouveaux modes ont été évoqués : « demain, serons-nous tous freelance ? » ou encore « Le CDI est-il voué à disparaitre ? » Auprès de collaborateurs à la mobilité exponentielle et dont les attentes sont en pleine évolution, il y a fort à parier que l’ERP « intelligent » « nouvelle génération » deviendra un outil d’accompagnement crucial.

Actuellement, malgré des collaborateurs ultra-connectés et une montée en puissance des nouvelles technologies indéniable, la tendance sera sûrement à retour aux sources replaçant l’humain au centre de l’entreprise. La technologie ne peut remplacer la relation directe avec ses clients, ses collaborateurs et ses partenaires, et les liens de confiance tissés avec eux. L’ERP de demain doit ainsi avoir comme objectif de pouvoir faire la synthèse de tous ces éléments.

D’ici 5, 10 ou 15 ans, l’évolution de l’ERP passera peut-être également pas un changement sémantique, rendant la dénomination limitante Enterprise Resource Planning obsolète. Ces plateformes de gestion intelligentes ou PGI (dénomination qui semble plus adaptée) n’ont en effet pas dit leur dernier mot. Avec l’avènement du Cloud et l’approche sectorielle, peut-on également envisager que des acteurs tels qu’Amazon ou Google décident de se lancer aussi dans la course aux ERP ? Réponse dans quelques années…

10 Octobre 2017 – Les Echos

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